C’est quoi le trip du cyclocamping?

Par MARIE-CLAUDE PARADIS-VIGNEAULT

4 JUILLET 2020- En roulant aujourd’hui entre Chambly et Frost Village, dans ma tête j’avais une conversation avec mon amie Sondès. Je tentais de lui expliquer qu’est-ce qui me motive à voyager à vélo, à parfois souffrir sous la chaleur, la pluie, et/ou – des fois tout ça en même temps-  le vent. À aller camper parmi les bibittes qui me prennent pour un buffet all-you-can-eat, et des fois à me retrouver malgré moi dans un village de VR. Comme aujourd’hui, je suis la seule en tente parmi des roulottes et des campers-paquebots. Disons que je ne suis pas sur le même beat que mes voisins. Il y a d’ailleurs des messieurs qui se promènent dans leur voiture de golf en criant « MOITIÉ MOITIÉ »!.
Enfin c’est quoi le trip de tirer tout mon bagage dans les côtes, à rouler malgré la canicule sur des fesses irritées et fatiguées? Pourquoi souffrir pendant mes congés? 

  • D’abord, il y a le feeling d’empowerment. Il y a de quoi de fondamentalement féministe dans ma pratique du cyclo-camping. À chaque voyage, je gagne en autonomie, en force, en endurance et en débrouillardise. L’une de mes fiertés en fin de semaine: avoir réussi à monter une tente louée sans l’aide de personne. La première fois ça m’a pris trente bonnes minutes comprendre le set-up, la 2e fois, dix!  Et petit à petit, j’apprends des trucs de mécano, j’observe quand il y a un bogue. Hier, mon dérailleur faisait un toc toc fatigant, bien en gossant avec, j’ai réussi à le replacer!

 

  • Le « I dont give a shit feeling »: En cyclovoyage, je laisse ma coquetterie et mes complexes à la maison. Chaque item est choisi pour ses fonctions pratiques. Par exemple, je n’amène ni peigne ni revitalisant, c’est du poids inutile. Je questionne même mon déodorant. Et après une journée de vélo, le « manspread » est ma posture préférée!

 

  • Le sentiment de liberté, et une ouverture de possibles à chaque cyclovoyage! C’est cool de regarder une carte et de se dire: « Hé! Ça me tente d’aller là, d’aller voir telle personne.  Je prends mon vélo et j’y vais. » C’est tout, aussi simple que ça.

 

  • Et dernière chose que j’expliquais dans ma tête à Sondès: parce que les petits plaisirs deviennent grandioses! Avec la fatigue, après avoir passé des journées complètes dehors sous le soleil ou la pluie, lorsque je deviens un peu plus vulnérable, chaque petite attention des gens, ainsi que chaque plaisir simple de la vie qui passent parfois inaperçus dans le train train et le confort quotidien, est accueilli avec beaucoup plus d’intensité, de tout mon corps et à travers toutes les pores de ma peau! Que ce soit un vent de dos, me mettre les pieds dans l’eau à la fin d’une chaude journée, une barbotine aux framboises bleues, prendre une douche et mettre des vêtements amples, un « Je t’aime » d’Aurélie, ma p’tite cousine âgée de 5 ans à mon arrivée, pour chacune de ces choses, de ces petits doux, je suis là, de tout mon être, à accueillir ce qui est bon.

Pourquoi je jasais de ça avec Sondès? Pour répondre à ce commentaire qu’elle m’avait laissé sous une publication Facecook: « Tellement en admiration (et dans l’incompréhension aussi 😉 ) devant celles et ceux qui choisissent de souffrir pendant leur congé! »

PS: C’est super correct de ne pas aimer le vélo et de ne pas vouloir en faire! Je n’essaye pas de convertir qui que ce soit, j’essaie juste de donner quelques pistes de compréhension sur ma pratique.

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