Julie Roy – Le courage à la conquête du parc de la Mauricie à vélo

J’ai rencontré Julie Roy à l’été 2012 aux Îles-de-la-Madeleine chez une amie commune. Ce fut instantané, j’ai eu un coup de cœur pour cette femme au rire iles congé 006contagieux et aux yeux pétillants. Comme elle vit désormais à Trois-Rivières et moi à Alma, je n’ai malheureusement pas eu la chance de la revoir au cours des dernières années. Grâce à la magie des réseaux sociaux, c’est-à-dire Facebook, j’ai pu apprendre à la connaître au fil de ses statuts et de ses photos. Je nous ai d’ailleurs découvert une passion commune : le vélo!

Durant l’année 2015, je l’ai suivie vers un grand défi qu’elle s’était lancé : la traversée du parc de la Mauricie à vélo au sein de l’équipe des Roses. J’avais déjà lu un article dans le Vélomag sur cette cyclo-sportive, mais je ne comprenais pas l’ampleur personnel d’un tel défi. En chiffres, la traversée du parc de la Mauricie représente 105 km de distance, 1800 mètres de dénivelé et près d’une cinquantaine de côtes à gravir…et à descendre…pour ensuite les remonter! En visitant le site web des Roses on apprend que ce mouvement existe depuis 5 ans et qu’il a aidé des centaines de femmes à intégrer l’activité physique dans leur vie. En 2012, on comptait 35 participantes. Trois ans plus tard, elles étaient 250 âgées de 16 à 67 ans, à relever le défi lancé par les Roses. De plus, IMG_3110depuis 2015, les Roses amassent des fonds significatifs (112 000$ à la dernière édition) qui sont remIMG_1081is à la Fondation Douglas pour la recherche en santé mentale. Admirative et intriguée, j’ai invité Julie à une entrevue afin d’en savoir plus sur son expérience au sein des Roses et le parcours qui l’a menée au cœur du parc mauricien!

Comment as-tu entendu parler des Roses?

Une connaissance avait publié sur son Facebook qu’elle s’était inscrite aux Roses. Il était 23h, la fin des inscriptions était à minuit. J’ai griffonné une lettre de motivation rapidement. Je ne pensais pas être prise, mais je me suis faite prendre au jeu. C’était la soirée du 23 novembre 2014. Pour moi, ce jour est également un triste anniversaire : celui d’un accident automobile qui a bouleversé ma vie.

Faisais-tu du vélo avant de te joindre aux Roses?

En 2011, alorocheuses-lacs-ameraude-et-wapitis-683rs que je revenais d’un périple dans l’ouest canadien et que j’étais au meilleur de ma forme physique -j’avais notamment perdu beaucoup de poids- j’ai acheté un vélo avec des pédales clipées. Au premier essai de ces fameuses clips, à peine montée sur mon nouveau vélo, je suis tombée en face de ma maison! J’ai donc décidé de retirer ces infâmes clips. Malgré cela, cet été-là, j’ai roulé au plus 5 kilomètres! Je ne comprenais pas le fonctionnement de mes vitesses et surtout, je n’avais pas d’ami avec qui pratiquer ce sport. Je l’ai finalement remisé dans le sous-sol de mes parents jusqu’en 2015.

Qu’est-ce qui t’as motivée à faire le saut au sein des Roses?

Je voulais reprendre le contrôle de ma vie. J’avais encore des symptômes de traumatisme crânien léger dus à mon accident de voiture, dont des maux de tête quotidiens. Je devais prendre des tonnes de médicaments anti-douleurs, dont plusieurs qui me faisaient prendre du poids. J’avais besoin de faire quelque chose pour moi. À la première activité des Roses en janvier, je ne me suis même pas présentée : j’avais peur! Je pensais à tort que les participantes étaient toutes des femmes en forme et que tout le monde aurait déjà de l’expérience en cyclisme.

Parle-moi de ton entraînement préparatoire.IMG_2342

En février 2015, j’ai participé au défi nordique : 3 km de course dans la neige. Je voulais mourir! Mais c’est là que j’ai rencontré pour la première fois les Roses, et surtout l’esprit rose! Les Roses sont des femmes de tout âge et de différentes conditions physiques. La mission des Roses? Que les femmes prennent soin d’elles-mêmes en intégrant l’activité physique à leurs habitudes de vie, tout en étant indulgentes envers elles-mêmes. Il n’y a pas de vitesse minimale, ni de compétition, seulement de l’entraide.

J’ai suivi un entraînement d’équipe une fois par mois. Mars et avril en raquettes; puis en mai, nous avons sorti nos vélos pour la première fois dans notre nouveau terrain de jeu : le parc de la Mauricie. IMG_1547J’avais peur. En fait, j’ai eu la peur de ma vie! J’ai fait les 4 premiers kilomètres et je voulais mourir! Je pleurais! J’avais de la difficulté à monter les côtes et je descendais sur les freins alors que des cyclistes me dépassaient à 60 km/h. Par la suite, en juin, nous avons eu un camp d’entrainement de deux jours pendant lesquels nous avons assisté à plusieurs conférences sur les bases du cyclisme. Puis, pour les mois de juillet et août, nous avons augmenté les distances que nous parcourions aux entraînements de groupe. Nous roulions plusieurs fois par semaine avec nos collègues roses. Nous devons rouler au moins 2000 km dans notre saison pour bien se préparer. Nous avons aussi un groupe Facebook où nous pouvons publier nos sorties. L’équipe nous fournit un plan d’entrainement chaque mois. Les premiers mois, l’entrainement se fait en zone verte. Bref, pas de côte tout de suite! Nous sommes très bien préparées pour les 1800 mètres de dénivelé! Enfin, septembre arrive et c’est je jour J!

Qui sont tes sources d’inspiration?

Les deux fondatrices du Défi du parc sont deux femmes exceptionnelIMG_1083les. Marie-Josée Gervais est une ancienne cycliste d’élite et Chantal Guimont est médecin. Elles roulent avec les pelotons les plus faibles et elles nous aident à faire taire la petite voix qui dit : « Tu n’es pas capable, tu devrais arrêter, c’est beaucoup trop difficile ». Elles croient en nous et elles nous aident à développer notre confiance en soi. Elles vont chercher le meilleur de chaque Rose.

Lors du Jour J, juste avant le départ : comment te sentaisIMG_1079-tu?

J’étais très fébrile! J’avais hâte. Par chance que la température était de notre côté. Le matin, il faisait 1 degré, mais en après-midi le soleil brillait! Tellement, que j’ai dû changer trois fois de vêtements avant de partir!

Comment s’est déroulé la fameuse traversée du Parc?

J’ai réussi à parcourir 68 km des 105 km! Pour moi c’était l’équivalent d’une médaille olympique. Le 26 septembre a été ma plus belle sortie. IMG_2721J’ai roulé aux côtés d’une amie et nous avons eu énormément de plaisir. Pour la première fois, j’ai descendu et remonté une côte de 3 km. J’étais sereine avec chaque kilomètre! J’ai pleuré le dernier. Des cyclistes me dépassaient et m’encourageaient! Je suivais un gars avec des beaux mollets un certain bout, cela m’encourageait! Mes amies roses étaient toutes présentes à mon arrivée et ma famille aussi! Je suis restée sur la ligne d’arrivée jusqu’à ce que la dernière Rose soit arrivée. Quel bel esprit d’équipe! Je crois que j’étais plus fière de moi que lorsque j’ai reçu mon diplôme universitaire!

Quels ont été les plus grands défis à surmonter?FullSizeRender (2)

Les côtes, les maudites côtes! Le parc est loin d’être plat!

 

As-tu déjà pensé abandonner?

Je n’ai jamais voulu abandonner durant le jour de l’événement. J’ai cependant voulu abandonner après chaque entraînement, mais les amies Roses et l’énergie du groupe me ramenaient à notre objectif à chaque fois.

Tu as été nommée mentor des Roses pour l’année 2016. En quoi consiste ton rôle et qu’est-ce qui te motive à le tenir?

Le rôle de mentor est d’aider les Roses qui sont à leur première année et ce, grâce à notre expérience. De mon côté, je ne peux pas vraiment les soutenir sur le plan IMG_1090technique et je ne peux pas non plus challenger les gens au niveau cardio. Par contre, je suis la preuve vivante que tout le monde peut le faire. Je sais d’où je suis partie et jamais je n’aurais cru me rendre jusque là! J’ai eu une excellente mentor, alors c’est redonner aux suivants! J’ai mes mamans spirituelles Roses qui m’ont adoptée. Oh! J’ai également 10 amies qui ont décidé de devenir des Roses! Je dois avouer que cela fait ma plus grande fierté.

 

Pour terminer, t’es-tu fixée des objectifs personnels et sportifs pour la prochaine année?

Il est certain que je veux terminer le 105 km l’an prochain. Aussi, j’aimerais bien faire Trois-Rivières- Québec à vélo et le tour du lac Memphrémagog! J’aimerais aussi traverser mes belles îles d’un bout à l’autre. Côté technique, j’aimerais être capable de rouler en peloton plus serré!

Voilà, Julie m’a contaminée, le parc de la Mauricie est désormais à mon agenda cycliste 2016!

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