Mon Top 10 de livres d’aventure

Il n’est rien de plus beau que l’instant qui précède le voyage, l’instant où l’horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses.
Milan Kundera

Pour moi, l’horizon de l’aventure s’ouvre sur les pages des livres que je lis. Comme je l’ai écrit dans Cuba à vélo en 5 étapes « La littérature est intrinsèquement liée à tous mes voyages ». Mes modestes périples, qu’il s’agisse de faire Montréal-New York sur une vieille bécane, le tour de la partie ouest de l’île de Cuba sur deux roues ou encore, le fameux pèlerinage de Compostelle, ont tous été inspirés d’une manière ou d’une autre par des écrits. Certains passages m’ont d’ailleurs été utiles lors de mes voyages, particulièrement durant les épisodes les plus difficiles. La littérature d’aventure écrite au féminin joue également un rôle important dans ma vie (voir À l’assaut les filles!). J’ai donc tenté de faire l’exercice d’écrire un Top 10 de livres d’aventure qui m’ont transportée en-dehors des sentiers battus. Leur ordre de classement est variable et ne représente pas nécessairement mon échelle de préférence.

1. Conquérant de l’impossible, Mike Horn : Je l’avoue, je fais partie du fanclub 51j-4fB7aUL._SX301_BO1,204,203,200_de Mike Horn depuis que j’ai vu Arktos (2005). À l’époque, j’assistais pour la première fois à un Festival de films d’aventure et j’étais fascinée par l’expédition surhumaine dans laquelle M. Horn s’était lancé : 20 000km en solitaire autour du cercle polaire sans moyens de transports motorisés. Conquérant de l’impossible décrit cette aventure périlleuse extrême qui a duré 24 mois et dans laquelle l’auteur a failli y laisser sa vie à plusieurs reprises.

Je n’établis pas de nouveaux records à battre, je modifie une certitude: ce qui était théoriquement impossible ne l’est plus.

Même si je ne suis pas attirée par les régions glaciales, j’ai été captivée par ce récit hors de ma portée et truffé d’anecdotes incroyables! Quand même bien je savais qu’il survivrait à sa mission, j’ai été parcouru de frissons lorsque sa tente a pris en feu! Sans parler de la fois où la glace a fendu sous ses pieds…

2. Latitude zéro, Mike Horn : Alors qu’ Objectif : Pôle nord de nuit est vendu comme étant le plus grand défi que Mike Horn ait relevé, Latitude Zéro a été pour moi la lecture la plus captivante parmi ses récits. Cet aventurier de l’extrême s’est donné la mission stricte de faire le tour du globe sans jamais quitter la latitude zéro. Sur sa route, Mike croisera la mort et la maladie, il devra collaborer avec des trafiquants colombiens, affronter des milices congolaises, traverser l’enfer vert de la jungle amazonienne ainsi que des pays en guMike-Horn-Latitude-0-2erre, en plus de réaliser des exploits physiques, tel que monter 2 sommets de 6 000 mètres d’altitude.

« Soudain, je ne sais plus. Une petite voix me dit que je n’ai qu’à faire marche arrière, que tout le monde comprendra et que personne ne m’en voudra. Peut-être, mais moi… qu’est-ce que je penserai de moi ? »

J’ai parcouru littérairement 40 000 km autour de l’équateur aux côtés de Mike à pied, à vélo et en bateau! Cette aventure qui a eu lieu de juin 1999 à octobre 2000, est racontée à l’intérieur de 344 pages. À mon avis, ce livre est trop court. Il y a certains paragraphes auxquels j’aurais dédié un chapitre complet. 

3. Objectif : Pôle nord de nuit, Mike Horn : Après avoir lu Latitude zero, je suis retournée dans le Pôle Nord aux côtés de Mike Horn. Cette fois, il était accompagné de
son ami Borge Ousland, une légende vivante norvégienne.

« Nous devenons peu à peu la pointe effilée d’une lance, pénétrante et d’une efficacité redoutable. »

Selon ses dires, Pôle nord de nuit fut l’aventure la plus dangereuse de sa vie. Vraiment? Était-ce encorMike-Horn-Arktos-60e possible? Suite à l’invitation de Borge, Mike s’est engagé dans cette traversée périlleuse du Pôle nord de nuit en plein hiver, sans assistance ni ravitaillement. Comment ont-ils pu survivre à un froid aussi intense, aux ours affamés et à leurs chutes dans l’eau glaciale? Je n’ai toujours pas la réponse à cette question, sinon qu’ils sont des surhumains dotés d’une détermination extraordinaire et équipés de matériel pourvu d’une technologie avancée. Si je l’avais vu dans un film, j’aurais sévèrement critiqué l’incongruence du scénario!

4. Tracks, Robyn Davidson : J’ai adoré lire la plume de Robyn Davidson : drôle, touchante et franche. En 1975, alors qu’elle est âgée de 25 ans, Robyn quitte le Queensland Robyn Davidson_03(ÉU) pour réaliser son rêve : traverser le outback australien à dos de chameau. Elle s’installe pendant 2 ans à Alice Springs afin de s’entrainer à apprivoiser cet animal au caractère complexe ainsi que pour apprendre à survivre dans le désert australien. Cette période d’apprentissage difficile est décrite avec beaucoup d’autodérision et de sarcasme.

To be free is to learn, to test yourself constantly, to gamble. It is not safe. I had learnt to use my fears as stepping stones rather than stumbling blocks.

On la suivra ensuite pendant 9 mois durant lesquels elle traversera 2735km de désert en compagnie de 4 chameaux et un chien. Sensible aux questions liées aux droits des aborigènes, elle sensibilise le lecteur à cette part de la réalité australienne. Je dois avouer que je me suis reconnue dans son caractère rebelle et révolté. L’attention particulière qui lui est portée à titre de femme qui voyage seule l’ennuie, mais en même temps, sa notoriété acquise grâce à sa collaboration avec le National Geographic lui permet un revenu essentiel à la réussite de son projet extraordinaire. Tout au long de son récit, on sent cette tension morale entre son approche et celle de son pourvoyeur. Pour les cinéphiles, il y a un biopic intitulé Tracks qui relate l’histoire de la camel lady.

5. Wild, Cheryl Strayed : J’ai beaucoup aimé le film Wild réalisé par Jean-Marc Vallée, mettant en vedette l’excellente Reese Whiterspoon. Tellement que j’ai par la suite plongé à cœur ouvert dans l’autobiographie de Cheryl Strayed. Pour avoir lu le livre après avoir vu le film, j’ai trouvé que les deux œuvres se complètent bien. Il s’agit du roman d’aventure le plus introspectif de ce Top 10. Wild raconte la traversée du Pacific Crest Trail dans les souliers de Cheryl Strayed alors âgée de 26 ans et inexpérimentée en randonnée. Son mémoire, parsemé de flash-back, nous livre cette expérience initiatique douloureuse : 1800 km de randonnée en solitaire sur les routes escarpées et sauvages du PCT. Son point de départ : le désert de Mojave qu’elle remonte jusqu’à la Californie en passant par l’Oregon, pour finalement atteindre le Bridge of Gods (Washington).

I knew that if I allowed fear to overtake me, my journey was doomed. Fear, to a great extent, is born of a story we tell ourselves, and so I chose to tell myself a different story from the one women are told. I decided I was safe. I was strong. I was brave. Nothing could vanquish me.01-cheryl-strayed-2.nocrop.w529.h327

Sa mère décédée à l’âge de 45 ans est très présente dans le récit de Strayed. Au fil des kilomètres parcourus, on découvre son histoire familiale et amoureuse dont elle tente de se guérir. Bref, j’ai vécu beaucoup d’émotions à travers les mots et les maux de Cheryl Strayed.

6. Sauvage par nature, Sarah Marquis : Sarah Marquis est certainement dans le Top 3 de mes héroïnes contemporaines! Son parcours d’aventurière sillonnant  le monde à sarah-marquispied est impressionnant et comprend notamment l’expédition ExplorAsia qu’elle raconte dans Sauvage par nature. ExplorAsia c’est 1000 jours de marche en solitaire partant de la Sibérie jusqu’à l’Australie, en passant par la Mongolie, le désert de Gobi, la Chine, le Laos et la Thaïlande. Ce livre relate l’histoire d’une femme qui lutte quotidiennement pour sa survie dans des milieux hostiles à sa présence. Parmi les dangers qu’elle rencontre, Sarah devra faire face à des cavaliers mongols qui la harcèlent pendant près de 2 mois. Elle sera aux prises de trafiquants de drogue au Laos, pays dans lequel elle sera terrassée par la fièvre dengue. Parallèlement à ses combats, l’aventurière parle également des beaux moments de complicité humaine qu’elle vit sur sa route. À travers son récit, elle tente de décrire ce sentiment d’unicité indescriptible qu’elle vit  lorsqu’elle est en expédition.

Le mouvement est salvateur, il remet tout en question. Tout ce qui nous entoure, vit, respire, bouge,nous humains inclus. Rien n’est comme on se l’imagine constant. Tout évolue à chaque seconde.

Lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle elle aborde le sujet de cette connexion intime avec la nature, mais comme le format de l’émission ne permet pas les échanges en profondeur, mieux vaut lire Sauvage par nature pour saisir son mode de vie et sa philosophie.

7. Dépasser l’horizon, Mylène Paquette : J’ai eu le privilège de rencontrer Mylène Paquette aux Îles-de-la-madeleine, dans mon coin de pays, environ un an avant qu’elle ne se lance dans la traversée de l’Atlantique Nord à la rame. J’ai suivi avec beaucoup d’attention ses périples à travers les médias sociaux. J’ai regardé les différents reportages 08-depasser_lhorizon_siteweb_1qui ont couvert sa grande traversée, dont celui de Découverte, et je suis également aller la voir en conférence à Alma (2015). Somme toute, avant de lire Dépasser l’horizon, j’étais déjà bien au fait de ses exploits.

Petit rappel pour les gens qui ne la connaissent pas encore : elle est la première personne des Amériques a avoir traversé l’Atlantique Nord à la rame en solitaire. En chiffres, cela représente 5 000 km en 129 jours. Même si j’avais beaucoup lu, entendu et vu au sujet de sa traversé, j’ai dévoré le récit de Mylène Paquette en moins de 2 jours! On y découvre son histoire avant le Grand départ : du rêve naissant, en passant par les doutes et les difficultés financières, jusqu’aux rencontres fortuites inespérées qui lui permettront de concrétiser son but. Son écriture est simple et authentique. J’avais parfois l’impression en la lisant qu’elle me racontait son aventure, telle une amie.

« Ma peur est celle de ne pas aimer mon rêve. Je ne sais pas si je vais aimer être seule avec moi-même sur cette grande étendue, sur cette masse immense. Que faire si, à la rencontre de mon rêve, je ne l’aimais plus? Et si rien ne m’arrivait durant le voyage? Et si je ne rencontrais pas les défis que j’aspire à affronter pour gagner en expérience et en confiance? Et si…Et si? »

Malgré les écueils, je présume que les craintes de Mylène Paquette n’ont finalement pas eu raison d’être. Les défis qu’elle a surmontés sont grandioses! Mylène a non seulement écrit Dépasser l’horizon, elle a surtout écrit un pan de l’histoire de la rame.

8. Volkswagen Blues, Jacques Poulin : J’ai eu deux lectures de Volkswagen Blues. La 1505première fut obligatoire (cours de cégep ) et ce ne fut pas un coup de foudre littéraire. Une fois le livre refermé, je l’ai laissé sous la poussière de ma bibliothèque jusqu’à ce que je sois à court de lecture pour faire la route Montréal-Tadoussac. Finalement, peut-être est-ce du au contexte du road trip, mais j’ai été complètement captivée par l’histoire de Volkswagen Blues. Alors que les paysages de Charlevoix défilaient à ma fenêtre, moi j’étais sur la route au côtés de Jack, quelque part entre la Gaspésie et la Californie.

Petit résumé : Jack Waterman, un auteur entre deux âges, part à la quête de son frère qu’il n’a pas vu depuis 20 ans. Aux côtés de la Grande Sauterelle, une jeune métisse, et de son chat,  les acolytes à bord du vieux Volks quittent la Gaspésie et traversent l’Amérique du Nord. Ils passeront par la légendaire piste de l’Oregon et la baie de San Francisco.

Il y a des jours, où vous avez l’impression que tout s’écroule… en vous et autour de vous, dit-il en cherchant ses mots. Alors vous vous demandez à quoi vous allez pouvoir vous raccrocher… J’ai pensé à mon frère. C’était mon plus grand chum autrefois.

Volkswagen Blues est une belle traversée de l’histoire de l’Amérique du Nord à travers laquelle les deux protagonistes développent une amitié singulière. C’est un roman plein de tendresse qui donne le goût de prendre la route américaine! Bref, Volkswagen Blues est  road book doux à lire.

9. Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway : J’ai lu cette nouvelle alors que j’étais À Jeremi, en Haïti, où je vivais chez les sœurs du Bon Pasteur, des femmes pour la plupart âgées entre 70 et 80 ans. Durant mon séjour, ma best avait l’âge honorable de 77ans!  Le contexte dans lequel j’étais a certainement influencé ma lecture de Le vieil homme et la mer, une histoire qui prend place au large de Cuba et dont le protagoniste est un vieux pêcheur. Cet  homme attachant est à la fois digne, fort et vulnérable.

Santiago, le héros d’Hemingway, décide après plusieurs mois de pêche infructueuse de partir au large en quête d’une prise légendaire pour regagner l’estime des gens de son village. Pendant 3 jours, le pêcheur âgé luttera contre un énorme marlin. Ce combat philosophique entre un homme et les forces de la nature est universel. La relation tendue entre Santiago et l’énorme espadon est belle, pleine de respect et d’admirarton3485ation. J’ai été très touchée par cette histoire où s’entremêle adversité et complicité. Somme toute, je dirais que le récit de Santiago nous ramène à une part essentielle de notre humanité que l’on tente d’éviter par toutes sortes de subterfuges: notre vulnérabilité. Et notre mortalité.

Il embrassa la mer d’un regard et se rendit compte de l’infinie solitude où il se trouvait.

10. Le pèlerin de Compostelle, Paulo Coehlo : Tout comme Le vieil homme et la mer, j’ai lu Le pèlerin de Compostelle alors que je séjournais à Jeremi, une ville haïtienne d’ailleurs surnommée, la Cité des Poètes. C’était en 2004. Quatre ans plus tard, je sillonnais le fameux camino.  Plusieurs pèlerins rencontrés m’ont avoué avoir eux aussi été appelé par le chemin après avoir lu Le pèlerin de Compostelle.

L’extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.24854299

En résumé, le héros de ce récit poétique part en quête d’une épée après avoir échoué à un rite initiatique de l’ordre de RAM, une communauté ésotérique. Ce motif initial amènera Paolo sur le chemin de Compostelle où il devra surmonter de nombreuses embûches physiques et morales. Au fil de ses pas, il apprendra à se dépouiller de la lourdeur de son orgueil. Peu à peu, il se rapprochera de l’essentiel. Cette aventure initiatique le conduira à la rencontre des autres et de lui-même. Je le sais que c’est cliché, mais ce petit roman m’a donné le sentiment de saisir le vrai sens de la vie en quelques mots et images. Le pèlerin de Compostelle nous plonge à l’intérieur de nous-même. J’irais même jusqu’à écrire que  Paulo Coehlo est un magicien: il a le pouvoir de semer des parcelles de spiritualité chez ses lecteurs!

#MCveutsavoir: quels livres d’aventure font partie de votre top 3?

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