Cuba à vélo en 5 étapes

 

Cuba 332Du 26 décembre au 14 janvier 2016, j’ai parcouru la partie ouest de Cuba à vélo en solitaire. Ce fut une sympathique balade de 735 kilomètres. Pour les gens intéressés à se lancer dans une telle aventure, je vous propose ici 5 étapes de préparation. En espérant que ma modeste contribution vous sera utile dans vos démarches.

1. Rêver – Tous mes projets, peu importe leur nature, commencent par un rêve.

«Certes, un rêve de beignet, c’est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c’est déjà un voyage. » Marek Halter.

Ces mots illustrent avec humour l’importance du rêve dans le voyage puisque c’est d’abord à travers lui que nous voyageons. Qu’importe si physiquement nous parcourons tous les chemins rêvés, le simple fait de les avoir imaginés, nous fait déjà voyager d’une certaine manière. Cuba à vélo, j’en ai longtemps fantasmé! Cela devait faire 5 ou 6 ans que j’y songeais avant de me lancer. À chaque année je reportais ce rêve pour différentes raisons : argent, temps ou pour d’autres projets cyclistes de moins grande envergure. Entre-temps, j’ai fait Montréal-New York sur une vieille bécane turquoise avec mon amie Léa qui m’a également accompagné259211_10150642506395618_5146917_oe pour le tour du Lac-Saint-Jean sur deux roues, ainsi que dans une virée de trois jours dans le centre du Québec. Je me suis aussi entraînée pendant 2 mois dans les côtes de Charlevoix, du Saguenay et de la Côte-Nord pour grimper la fameuse Cabot Trail à vélo (lire: L’île de Cap-Breton à vélo). À travers tous ces projets,  Cuba continuait d’alimenter mes rêves.

2. Lire – La littérature est intrinsèquement liée à tous mes voyages!

Si vous cherchez de l’inspiration littéraire, c’est par ici: Mon Top 10 de livres d’aventure.

Cependant, autant avant que pendant cette expédition cycliste, les livres qui m’ont le plus inspirée et le plus servie dans les moments difficiles ne sont pas nécessairement liés au cyclisme ni à Cuba. Avant de partir, je me suis beaucoup projetée dans les bio-aventures de Mike Horn, Mylène Paq996324-2ba89a16-eebc-11e2-af7f-ad8cecfd760buette, Robyn Davidson et Sarah Marquis. J’ai d’ailleurs écrit sur l’importance des récits d’aventures au féminin dans À l’assaut les filles.  Ces écrits m’insufflaient l’envie de partir à la conquête de mes rêves et me préparaient également aux défis psychologiques que j’allais rencontrer. À une plus petite échelle, bien entendu! Par exemple, j’ai du prendre une pause-vélo de quelques jours en raison d’une pluie diluvienne qui s’est abattue sur Cuba. Je me sentais fâchée, impatiente et surtout ennuyée d’espérer que la température tourne en ma faveur. PoCuba 449ur me réconforter, je pensais à Mylène Paquette qui a tourné en rond pendant plusieurs jours sur l’Atlantique ou à Mike Horn prisonnier de sa tente sous une tempête polaire violente dans l’Antarctique! Ces exemples extrêmes me permettaient de relativiser et de mieux accepter ces moments difficiles.

3. Choisir son itinéraire – Pour préparer mon trajet, je me suis référée à des gens que je connaissais de près ou de loin et qui avaient fait une partie de Cuba à vélo.

La magie des réseaux sociaux m’a permis de trouver des personnes généreuses en conseils et qui ont réalisé des itinéraires différents. Ma suggestion: faites des appels sur Facebook!

Des amis d’amis m’ont prodigué de précieuses références sur les casas particulares, par exemple, car elles ne sont pas toutes indiquées dans les guides de voyage. Bicycling Cuba est certainement un incontournable pour planifier un itinéraire vélo à Cuba ainsi que le Lonely Cuba 101Planet. Une carte géographique (j’ai beaucoup apprécié la Michelin waterproof) est également in-dis-pen-sa-ble! La boutique Aux Quatre Points Cardinaux est mon coup de cœur pour magasiner des cartes routières.  Je me suis aussi appuyée sur des blogues, tel que Travelling Two et sur des articles, dont Cuba sur deux roues.  Ces différentes sources m’ont amenée à choisir la partie ouest pour un premier périple cycliste à Cuba. Je dois avouer que mon itinéraire a changé à de nombreuses reprises autant avant que pendant le voyage. Je restais toujours ouverte aux suggestions et surtout, j’étais à l’écoute de mes feelings!

4. Mécanique de vélo – Confession : Avant de partir pour Cuba, malgré les milliers de kilomètres parcourus entre le Québec, le Canada et les États-Unis, je ne savais pas comment changer une tripe de vélo! En 10 ans de vie de cycliste, j’ai du faire face une fois à une crevaison alors que je roulais seule en Nouvelle-Écosse. J’ai alors simplement regonflé mon pneu à plusieurs reprises sur la route. Quant au petit collant de réparation, je l’avais apposé sur le pneu au lieu de la tripe! Je considère donc que j’ai été trèsCuba 097 chanceuse lors de mes précédents voyages!

Pour Cuba à vélo, j’ai décidé de m’en remettre à mes propres moyens plutôt qu’à la chance en cas de bris ou de crevaison! Puisque mon vélo voyageait à bord d’une boite de carton, j’ai du apprendre à monter et démonter une partie de la monture, dont les pédales, le guidon et les roues.
Deux semaines avant la date de mon départ, j’ai commencé à explorer les outils nécessaires, les techniques de réparation et de (dé)montage. J’ai la chance d’avoir un chum patient et pas-pire habile en mécanique de vélo qui a pris le temps de me montrer les rudiments de la chose. Aujourd’hui, je me dis que c’est le fun finalement la mécanique de vélo! Ah ah!

5. Entrainement physique – Finalement, la dernière étape pour se préparer à faire un cyclo-voyage à Cuba : l’entrainement physique. C’est de manière réfléchie que je mets cette étape en dernier.

Beaucoup de gens croient à tort qu’il faut être en super forme athlétique pour r967018_10152768467420618_928101323_oéaliser ce genre de projet. Je ne suis pas de cet avis. Chaque personne pédale à son rythme et parcourt la distance qu’il lui plait.

Lorsque j’ai fait mes premiers cyclo-voyages, j’étais très mal équipée et très peu entraînée, mais j’ai quand même eu beaucoup de plaisir!

Au fil du temps, afin de rendre l’expérience plus agréable, pour éviter les tendinites aux genoux et dans le but de pouvoir repousser mes capacités physiques, j’ai commencé à m’entraîner un peu plus assidûment avant mes voyages.  Pour améliorer mes capacités cardiovasculaires, j’ai commencé à pratiquer la course. Depuis deux ans, je me suis mise au spinning: une activité qui me paraissait absurde au début, mais dont je suis finalement devenue une adepte (lire Le spinning et moi)! Pour renforcer le haut du corps et le bas du dos qui est très sollicité à vélo, 3 mois avant mon départ, j’ai entamé des entraînements musculaires quotidiens, d’une durée de 15 à 20 minutes et axés principalement sur les abdominaux, le dos et les épaules.

Encore là, je pense que toute personne n’ayant pas de handicap physique majeur, peut se lancer dans cette aventure sans entrainement spécifique. Il suffit d’être motivé, déterminé et d’accepter qu’il risque d’y avoir des moments physiquement et moralement ardus! Mike Horn écrit dans Toucher les étoiles: « On ne grimpe pas avec ses cuisses et ses bras. On grimpe avec ses tripes. »

Enfin, j’espère que ces conseils sauront vous guider et vous encourager à vous lancer dans votre propre aventure!

Et vous, quels sont vos rêves?

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