L’île de Vancouver et la Sunshine Coast (Colombie-Britannique) à vélo

7 juillet 2021

Doublement vaccinée, propriétaire d’un nouveau vélo hybride performance (je n’ai toujours pas fait le deuil de mon vieux pout pout mauve qu’on m’a volé il y a deux semaines), je suis (presque) prête pour notre prochaine aventure de vélo-camping! 
« Presque » parce que sur nos quatorze jours de vacances, on a seulement pu réserver une nuit dans un camping privé. En raison de la Covid-19, ce n’est qu’à compter de demain que les non-résidents de la Colombie-Britannique seront autorisés à réserver dans les parcs nationaux de la province. Selon mes expériences des dernières années, je préfère de loin camper dans des réserves fauniques ou des parcs nationaux (que ce soit ceux de la SÉPAQ ou Parcs Canada), que dans des campings privés et familiaux aux côtés de gros camping-cars et de bungalows entourés de nains de jardin.
Voici donc notre trajet. En théorie.

15 juillet 2021: Sherbrooke – Vancouver (en char et en avion)

Journée haute en émotions! Arrivée à l’aéroport, en attendant Sam qui est parti porter la voiture au Park and Fly, je lis les règles de notre compagnie aérienne concernant les boites de vélo, et je me mets soudainement à douter s’ils accepteront de prendre la mienne. Je crains qu’elle dépasse le poids permis! Puis, en déplaçant ma boîte sur le carrosse, celle-ci se déchire par endroits. Je tente de la « taper » tant bien que mal, mais je constate que le carton est mou et usé.

Quelle idée j’ai eue de réutiliser une boite d’Intercar qui venait de passer une année dans le grenier! J’imagine déjà le pire: ne pas trouver sur place une boite de rechange et ne pas pouvoir embarquer mon vélo sur notre vol. Ça y est, j’hyperventile, mon voyage est annulé!

Enfin, ils l’ont pris quand même. Fiou! Et pour me détendre durant le vol, j’ai regardé au complet la première saison de Sex and the City. Une fois arrivée à destination, c’est une boîte en lambeaux qui est ressortie de la soute à bagages. Je n’aurai pas le choix de m’en trouver une nouvelle pour le retour. Dans tous les cas, le plus important c’est que mon vélo ait survécu à ce trimballement!

Ce soir, on passe la nuit dans un hôtel à Richmond. J’ai si hâte de rouler et de vivre en plein air pour les deux prochaines semaines!

16 juillet 2021: Richmond – Smonecten Campground (Swartz Bay), 50km

Traverser la ville de Richmond pour se rendre au traversier de Tsawassen n’est pas une expérience bucolique en soi, mais la Bike Lane nous a au moins permis de rouler en toute sécurité. J’ai vécu quelques émotions lors de la traversée d’un pont, mais j’ai réussi à maitriser mon vertige!

De manière inattendue, on a eu le plaisir de croiser des grands hérons sur le bord de la route! Ces magnifiques oiseaux me ramènent toujours à mes racines madeliniennes, on en voit souvent sur le bord de l’Havre-aux-Basques tôt le matin. Quant à la température, c’était un peu frisquet et nuageux, pas mal venteux aussi, mais j’aime mieux cette météo que de la pluie ou une canicule comme celle qu’on a rencontrée lors de notre cyclo-voyage entre les Laurentides et l’Outaouais l’été dernier.

Même si notre terrain de camping est situé trop près de la grosse route pour nous dépayser (on est sur la bord de la 17 et de la McDonald Park Road), même si les mouches ont élu domicile dans le trou de la toilette sèche, et qu’on n’a pas de point d’eau pour se laver, ce soir, je suis comblée par notre petite sortie à Sidney, une ville charmante située à quatre kilomètres de notre campement! Sentir l’odeur saline, entendre le bruit de la mer, apercevoir un cormoran plongé dans l’eau et regarder l’horizon me comblent de bonheur. Je n’en demande pas plus pour accueillir mes vacances.

17 juillet 2021: Smonecten Campground – Mallalat, 50km et 800m D+

Je suis pas mal fière de moi! Nous avions deux possibilités devant nous pour nous rendre à notre destination, l’une qui nous aurait fait prendre un traversier ou l’autre plus ardue, qui nous faisait passer à travers le parc Gowlland Tod, assez renommé dans le coin pour ses montées abruptes. Sans grande surprise, Sam a insisté pour qu’on prenne l’option deux, celle du challenge! J’avais peur de m’arracher les jambes ou de devoir pousser mon vélo, mais non! Un coup de pédale à la fois, j’y suis arrivée!

La route à travers le parc Gowlland Tod est majestueuse et sinueuse, avec de bons pics! Que dire de la Baie Patricia et des immenses arbres de la région?! Wow! Ces gros centenaires sont incroyables, tellement grandioses! Par contre, les huit derniers kilomètres sur une Transcanadienne à quatre voies n’offrent pas une expérience de quiétude, mais les parois rocheuses et les points de vue sur la baie rendent la traversée moins pénible, sans nous faire oublier le vacarme du traffic.

On passe la nuit dans un camping familial de Mallalat, et gros luxe cette après-midi: on a des installations pour prendre une douche et faire du lavage! Pour ce qui est de notre premier souper de camping, puisque hier soir nous avons mangé dans un resto-pub de Sydney, ce n’est pas de la grosse gastronomie: carottes bio ramassées dans un marché sur la route, des Ramen (les sacs de dépanneur à 49 cents), avec de grosses saucisses siciliennes chimiques, et du jus de pomme! Je fais rarement la fine bouche lorsque je suis en cyclovoyage, je suis assez facile à contenter côté alimentaire.

En discutant avec les nouveaux propriétaires de la place, on apprend qu’en raison de la crise du logement sur l’île, de plus en plus de personnes, dont des familles, viennent s’installer à l’année dans des maisons mobiles sur des terrains de camping, comme celui où nous passons la nuit. Un Gaspésien rencontré dans un café sur la route nous a d’ailleurs informé que plusieurs personnes en situation d’itinérance viennent s’installer dans les bois sur l’île et qu’ils sont de plus en plus nombreux. Sur notre route nous avons également pu voir plusieurs t-shirts oranges « Every child Matters », qui nous rappellent tristement les atrocités vécues par les enfants autochtones dans les pensionnats. Au coeur des plus beaux territoires canadiens, on rencontre aussi la violence des inégalités sociales. C’est important de ne pas l’oublier même lorsqu’on est seulement de passage.

Jusqu’à présent, nous n’avons pas été incommodés par les moustiques. Encore là, ce serait du à la sécheresse inhabituelle qui sévit en ce moment en Colombie-Britannique. C’est terrible, plusieurs feux de forêts font rage dans la région cette année. On ne se fera sûrement pas griller de guimauves cet été dans le coin!

18 juillet 2021: Mallalat- Juan de Fuca 69 km et 592 D+

En cyclocamping, j’ai parfois l’impression de vivre cinq journées dans une! Pas parce que le temps est particulièrement long, mais parce que l’on vit plusieurs étapes dans une seule et même journée! On est tellement plongé dans le moment présent que chaque changement de température, de paysage ou de dénivelé transforme notre expérience cycliste.

J’ai aussi adoré traverser la piste cyclable de Langford. Je suis désolée, mais le Petit train du nord peut aller se rhabiller! À mon souvenir, je n’ai jamais été autant émerveillée par la diversité végétale, la grandeur des arbres et la beauté de lacs couleur émeraude, comme je l’ai été sur cette piste!

Pour les vingt derniers kilomètres jusqu’au parc national de la French Beach, nous avons du rouler sur la 14. Woah! On a eu droit à deux très fortes montées sous le soleil cuisant, et sans accotement! J’ai tiré fort dans la dernière côte, je respirais à la pleine capacité de mes poumons! Comme il y avait des travaux routiers, il a fallu partager la route avec des convois de voitures. Je ne vous cacherai pas que ça me stress de pédaler en sachant qu’il y a trois ou quatre voitures en file indienne derrière moi, même si les automobilistes sont très hospitaliers dans le coin jusqu’à maintenant.

On a été généreusement récompensé par la beauté de ce parc national! La French Beach est une sympathique plage de galets, à partir de laquelle nous avons une magnifique vue sur le parc national états-uniens Olympic Moutains. Il y a quelque chose d’énigmatique à voir des montagnes bleues qui semblent jaillir de l’eau.

19 juillet 2021: Juan de Fuca – Fairy Lake, 55km et 700m de D+

Quelle journée magique…malgré une vilaine irritation au fessier! Longer la côte de la Juan de Fuca avec une vue sur la baie et les montagnes Olympiques est une expérience irréelle. Je n’ai aucune photo qui peut traduire l’impression de rouler et de léviter au-dessus de la mer! La dernière fois où j’ai eu ce feeling extraordinaire remonte à notre cyclo-vogage sur la Cabot Trail (Nouvelle-Écosse) .

On n’a pas eu le temps de s’ennuyer sur la route, le dénivelé était très stimulant pour les mollets. Ce tronçon est ardu, surtout avec du bagage, mais somme toute faisable. J’ai mis mon pédalier à la plus petite vitesse et j’ai monté tranquillement chacune des côtes, sans forcer outre-mesure. Si je n’avais pas aussi mal aux fesses, c’est clair que je serais sur un high! Je commence à réaliser que je suis présentement en voyage, je ressens de plus en plus le dépaysement et l’émerveillement.

Même si nous n’avons ni douche, ni robinet, ni eau potable au camping, j’adore cet endroit et je me soucis de moins en moins de cette absence d’installation. Je me sens plus près de la nature dans ces conditions. À peine arrivée, je suis allée me rafraichir dans le lac, et hop! C’est comme si je recommençais une nouvelle journée avec un brand-fresh-new-me.

Sam pratique ses tao de Kung Fu

20 juillet 2021: Fairy Lake – Cowichan Valley, 53 km et 730m D+

On ne peut pas dire que sur l’île c’est platte ni plat! On ne manque pas de côtes! Les lacets ce matin entre le Fairy Lake (Port Renfrew ) et le Lac Cowichan sont sportifs! Par chance, il y avait peu de trafic. J’ai eu une baisse de pression dans les cinq derniers kilomètres probablement causées par une sous-alimentation. Je me suis même chicané avec Samuel…pour une orange!

Notre camping est situé sur une plage publique très populaire dans la région. L’endroit est bruyant et bondé de familles, mais la place offre des services non-négligeables, comme des douches, des lavabos et du wi-fi! En plus, la ville est à environ deux kilomètres de notre terrain. C’est clair qu’on va aller profiter des restaurants, de la pharmacie et qu’on va faire une bonne épicerie pour les prochains jours!

Suite à deux nuits de toilettes sèches, de bain dans le lac ou à la mitaine, j’ai hâte à ce soir pour prendre une douche chaude. Après cinq jours à rouler, demain c’est jour de repos pour moi. Samuel planifie faire le tour du lac Cowichan à vélo. Damn. Ça passe vite!

21 juillet 2021: Jour de repos au lac Cowichan

Alors que Samuel est parti faire sa grande boucle du Cowichan, j’en profite pour me reposer, laisser guérir mes irritations (aux fesses et aux parties « intimes »), faire du lavage à la main dans le lavabo des toilettes publiques, m’étirer comme un chat au soleil sur le bord de la plage tout en faisant quelques mouvements de yoga, et écrire dans mon journal sur l’une des table de pique-nique face au lac. Il est 9h am, les familles ne sont pas encore débarquées sur la plage. Comme dirait mon amie Annick: NAMASTE colisss!

Hier soir nous avons croisé un trio de cyclistes qui arrivaient tardivement et exténués d’une grosse journée de vélo. Tout comme Samuel et moi, ils voyagent en mode cyclocamping, ils font à peu près la même boucle que nous, et ils sont également partis de Vancouver. J’étais très excitée d’échanger avec des pairs, jusqu’à ce que je fasse le calcul qu’ils ont roulé en deux jours ce que nous avons parcouru en cinq jours. C’est niaiseux, je le sais, mais je me suis soudainement sentie comme une patate lâche. J’ai même senti le besoin de justifier notre rythme lent, en soulignant qu’on était surtout en vacances. Pourtant, je croyais avoir assumé ce choix, celui d’opter pour de courtes distances, lorsque j’ai tracé notre trajet, justement pour ne pas être à la course entre chaque destination, pour apprécier pleinement notre environnement, me reposer et avoir du temps de qualité avec mon amoureux. Il faut croire que malgré tout, j’ai ressenti un complexe d’infériorité face à ces étrangers. Quand j’y repense, je vais essayer de garder en tête que la question à me poser lorsque je planifie mes voyages ne devrait pas être: qu’est-ce que je suis capable de faire? Mais plutôt: de quoi j’ai besoin en ce moment dans ma vie?

22 juillet 2021: Cowichan Valley – Salt Spring Island

La journée c’est super bien passée! On est parti plus tard qu’à l’habitude, après une soirée arrosée de quelques drinks dans un resto de Lake Cowichan. Hé! On a veillé jusqu’à 10hpm! On est des party animals!

Prendre le traversier entre Crofton et l’île m’a rappelé plein de souvenirs de retour ou de départ des îles-de-la-Madeleine. Jusqu’à Crofton, on a pu profiter d’un faux plat descendant, et une fois arrivés à Salt Spring, des côtes plus exigeantes nous attendaient. D’ailleurs, les derniers trois kilomètres avant notre camping furent costauds! J’étais debout sur mon vélo à tirer de toutes mes forces.

Jusqu’à présent on est bénis par Dame Nature. Même si les premiers matins ont été frisquets, on n’a pas eu à affronter de terribles vents de face (je n’oublierai jamais ma traversée de la Gaspésie et cette journée où je m’époumonais à injurier Éole!), ni de pluie ou de canicule. Certainement que sous ces conditions presque idéales, je rêve déjà à d’autres cyclo-aventures! En plus, ça se passe super bien avec Samuel. Rouler à deux permet d’alléger la charge mentale du voyage…et le poids du bagage! Là-dessus, Sam porte une plus grande charge que moi!

La cyclo-aventure ce n’est pas toujours bucolique.
Pause ravitaillement à Duncan.

23 juillet 2021: Salt Spring Island

C’était censé être une journée de repos. On s’était dit qu’on irait faire une petite randonnée, pas loin de notre terrain de camping. Or, je ne me souviens pas en avoir arraché autant sur une si courte distance! Pour se rendre au mont Maxwell, il a fallu grimper plus de 600m mètres de D+ sur 9 kilomètres, avec des pics de 20% et principalement dans du gravier! À contre-coeur, j’ai du marcher 100 ou 200 mètres à côté de mon vélo que je poussais péniblement. J’ai été frustrée d’admettre que j’étais au bout de mes forces, et au bout de mes pédales. Pendant un long instant, je l’ai vécu comme un échec, alors que je me suis quand même rendue au sommet du mont.

Je pense que ça en a quand même valu la peine, car la vue au top est spectaculaire, en plus d’avoir été franchement méritée! Puis, on a pu profiter d’une descente au retour!

24 juillet 2021: Salt Spring Island – Nanaimo, 65km – 755m D+

Je mentirais d’écrire que ce fut une belle ride facile. J’ai cuit sous le soleil et je n’ai pas tripé de rouler à nouveau aux côtés des quatre voies de la Transcanadienne. Je rêvais d’un traditionnel déjeuner de trucker dans un resto familial, on a du se contenter d’un Mcdo, et je me suis arraché les cuisses dans quelques montées! On a tout de même eu une belle surprise à notre arrivée dans le quartier résidentiel du Bethleem Center: une famille de quatre chevreuils a traversé le terrain gazonné d’une maison à quelques mètres de nous. Ils sont trop mignons les bébés Bambie! Ce serait aussi injuste de ne pas mentionner qu’il y a de sympathiques tronçons cyclables en périphérie de Nanaimo.

Exceptionnellement ce soir on dort dans un gîte. Il n’y a avait aucune place de disponible dans les campings environnants. On est au frais dans un sous sol, j’ai espoir que la nuit sera bonne. Je lutte contre le sommeil, car si ce n’était que de mon corps, je serais couchée depuis 17heures!

25 juillet 2021: Nanaimo – Englishman River Falls Park

Après la journée difficile d’hier, aujourd’hui c’est la fête! Gros déjeuner de trucker dans un resto familial pour célébrer notre quatrième anniversaire de mariage, et hop! On the road again! Même si la route 19 est très achalandée – ce qui est peu dire puisqu’il s’agit d’une quatre voies qui a des airs d’autoroute – j’étais assez zen ce matin. Les vingt derniers kilomètres furent charmants et tranquilles! On a eu du dénivelé raisonnable, avec parfois une vue sur des montagnes qui apparaissaient au loin.

Nous sommes arrivés au camping un peu avant 14h00, ce qui nous a permis de profiter des installations naturelles. Le parc Englishman River Falls offre une belle petite randonnée très familiale de 4-5 km – ce qui est parfait pour nos jambes fatiguées – à travers une forêt verte et une jolie chute, au pied de laquelle nous nous sommes à la fois baignés et lavés. Selon mon expérience des derniers jours, les BC parks n’offrent jamais de douche. On aimerait parfois avoir accès à un seau ou à un lavabo pour laver nos vêtements, mais ça va. On réajuste nos critères d’hygiène. Au moins, le climat n’a pas été trop froid ou trop humide, ce qui donne le temps à nos vêtements de sécher l’après-midi et la nuit, et d’être secs lorsqu’on les range dans nos sacoches de vélo le lendemain. Ce qui ne fut pas toujours le cas lors de notre périple à travers les Laurentides, l’Outaouais et Lanaudière.

26 juillet 2021: Englishman River Falls – Powell River, 97km

Grosse épopée, mais pas trop de dénivelé! On a pris notre quatrième traversier depuis le début du voyage. Inquiets de manquer le bateau de l’après-midi, on a commencé à rouler vers 7h30am et on a clanché les trente premiers kilomètres. Quel plaisir de descendre dans la fraicheur matinale, et de croiser de jolis lapis sur la route et trois ou quatre cerfs: ALLÔ LES ZAMIS!!!!

Puis, sous la chaleur montante du soleil qui passe au zenith, nous avons ralenti le tempo. C’est sans problème que nous sommes arrivés à temps pour le traversier de 15h30 vers Powell River. Encore une fois, la traversée nous a offert une vue magnifique sur les montagnes de l’île de Vancouver et les petites îles de la Colombie-Britannique. J’aime bien ces pauses maritimes dans une journée de vélo.

Notre camping est situé à quelques coups de pédale du quai, collé sur la route. On a pratiquement aucune intimité et les lieux sont bruyants. J’ai fraternisé avec nos voisines d’en face, jusqu’à ce qu’elles s’enfoncent dans un délire conspirationniste sur la pandémie, les « chemtrails », et sur les camps d’entrainement chinois au Canada soutenus par Trudeau.

Pour la première fois depuis le début de ce voyage, nous étions aux premières loges du coucher de soleil. J’adore la sensation des rayons chauds sur ma peau après une longue journée de plein air! Beaucoup de dénivelés nous attendent demain. J’essaie de ne pas trop stresser avec ça, mais je m’y prépare mentalement.

27 juillet 2021: Powell River- Katherine Lake, 56km et 815m D+

Ça y est, on embarque sur la Sunshine Coast Highway! Elle porte bien son nom, il y a du soleil, peu de nuage et on cherche l’ombre! Je dirais que la température était cuisante. Ce fut à la fois l’une de mes plus belles journée de vélo depuis le début de ce périple, et l’une des plus exigeante aussi! Les descentes vertigineuses avec une vue sur les lacs et la mer contre-balançaient toutes les difficultés physiques.

Le ferry entre Saltery Bay et Earls Grove – notre cinquième à date – nous a offert une ride féérique ! J’en avais la mâchoire à terre d’émerveillement! On se croirait dans l’univers de Jurassic Park! Et ce n’est pas parce que je n’ai rien vu dans ma vie, j’en ai mangé des paysages à travers le monde, mais je dois dire que la côte ouest de la Colombie Britannique n’a rien à envier.

Il a quand même fallu que je prenne plusieurs pauses à l’ombre pour tenir sous la chaleur. Je me suis même littéralement écrasée dans le parking d’un Petro-Canada avant d’attaquer les cinq derniers kilomètres.

Demain, jour de congé. Du gros repos sur le bord du lac nous attend! Il ne nous reste que quatre journées en Colombie-Britannique, et seulement deux à pédaler. Le retour et la fin de cette petite aventure me font peur. Il me semble que je ferais une crise du bacon: NON! JE NE VEUX PAS RENTRER À LA MAISON! Je ressens une petite déprime juste à y penser. C’est comme si la vie prenait tout son sens à vélo sur la route, je pars du point A au point B, du point B au point C, ainsi de suite, et je sais dans quelle boucle sont liées chacune de ces étapes. J’ai des objectifs clairs à tous les jours et des tâches essentielles: trouver une place pour dormir, me laver et de quoi manger. Je reconnais par contre que je préfère encore l’aventure sur des sentiers battus avec un accès à la civilisation. Je ne me sens pas prête pour la grande aventure sauvage en pleine autonomie, même si je suis très inspirée par les récits des grands aventuriers de ce monde!

28 juillet 2021: Day off!

Jour de repos au Lac Katherine avant de reprendre la route demain. De grosse côtes nous attendent. Très abruptes.

La Sunshine Coast Trail porte bien son nom: it’s hot in here! On a profité ce matin des installations pour faire du lavage à la main dans un lavabo. Ensuite, hop! Nous sommes allés nous baigner au quai, qui est à moins d’un kilomètre de notre emplacement, et en fin de journée, à l’heure où les familles ramassent leurs coffres à jouets, et les bonhommes saouls leurs bouteilles de bières, on a profité de la quiétude sur la plage. Comble de bonheur! On a pu voir une tortue nager près de nous! Cet animal m’émerveille depuis que j’ai barboté aux côtés de l’une de ces bêtes au Bélize dans une sortie de plongée en apnée.

Je suis triste à l’idée que cette aventure s’achève. Malgré la fatigue et les irritations, j’en prendrais plus! Je ne dirai peut-être plus la même chose demain soir après les 800m de D+! Ah ah!

29 juillet 2021: Katherine Lake – Lion’s Bay, 83km et 1300m D+

Ma-la-de! Cette avant-dernière journée de vélo s’est beaucoup mieux passé que ce que j’appréhendais. Des fois quand on s’imagine le pire après avoir passé trop de temps à lire des articles sur Google qui rapportent des accidents de cyclistes sur la route qu’on va emprunter, tout nous semble pas si pire finalement quand on s’en sort vivant!

Après avoir roulé la Sunshine Coast, pris un sixième traversier, nous voilà sur la Sea To Sky Highway. Ce fut la plus grosse journée en terme de dénivelé. J’avoue que j’ai poussé mon vélo sur le dernier cinquante mètres dans ce qui m’a semblé être plus un mur qu’une côte.

Ce soir et demain, nous passons la nuit dans la cour d’un hôte warmshower qui semble super gentil! Il y a même une table de babyfoot sous le patio! J’ai tellement été stressée face à cette journée, j’ai eu peur du dénivelé, de la chaleur et du trafic, alors que tout s’est super bien roulé! Sauf le dernier 50 mètres! Comble de honte, nous avons croisé notre hôte alors que je poussais mon vélo dans la montée finale. Quand j’y repense, c’est évidemment plus drôle que dramatique comme première impression!

30 juillet 2021: Journée de randonnée

L’hospitalité des gens de la Colombie-Britannique que nous rencontrons me touche beaucoup. Nous sommes présentement accueillis dans la cour de John et sa famille. John est un hôte incroyable. Généreux et sympathique, il m’a même dessiné une carte à la main pour que je puisse me rendre au sentier de randonnée le plus près de chez-lui, pendant que Sam est parti dans une épopée de vélo sur la Sea To Sky en direction de Whistler libre de bagages.

Initialement, je comptais profiter de ma journée de congé pour aller faire la farniente sur la plage à Lions Bay. Finalement, je suis partie faire environ 10km de randonnée, de niveau difficile je dirais, selon la classification SEPAQ. Notre hôte warmshower m’a bien conseillée, je n’ai croisé personne sur mon chemin! Il semblerait que l’autre sentier de hiking est devenu une autoroute de randonneurs du dimanche!

Comme j’avais oublié d’apporter mon Bear Spray, j’ai chanté quelques extraits de mon piètre répertoire musical – comprenant Mademoiselle Anne de Mitsou et Sensualité d’Axelle Red- pour les décourager de m’approcher. Vraisemblablement, ma tactique a fonctionné!

31 juillet 2021: Lions bay – Richmond

Mixed feeling entre la tristesse face à la fin éminente d’un périple extraordinaire, et la fierté de l’avoir accompli en compagnie de mon homme. C’est clair que je braille d’ici la fin de la journée. Et je repars avec la tête qui bourdonne de rêves de cyclovoyages à travers les États-Unis, l’Europe, l’Australie, la Nouvelle-Zélande…

Notre dernière journée vue par Sam

Fin du périple, on est de retour à Vancouver. On quitte Lion’s Bay en matinée où on mangera notre dernier gruau sur le brûleur, et on plie bagage. On commence à être habitué à cette routine et ce n’est pas un moment si désagréable. C’est devenu notre rituel avant le début d’une belle journée.

Malgré la grosse épopée d’hier, je parviens à bien rouler. De toute façon le défi d’aujourd’hui réside dans le choix du trajet et de rouler en sécurité dans une zone urbaine. À ce sujet, la ville de Vancouver mérite des félicitations. Ce n’est pas parfait, mais c’est le meilleur réseau cyclable où j’ai roulé jusqu’à maintenant. On a une voie réservée et des indications claires sur des panneaux justes pour les cyclistes. D’ailleurs les voies cyclables ne sont pas à l’autre bout de la ville et elles ne nous demandent pas de faire des détours de plusieurs kilomètres, mais elles sont bien situées en plein centre-ville. Il y a même une belle passerelle sous le pont pour le traverser. Ce n’est pas parfait, car une fois on est arrivé sur une fin de piste sans solution, mais deux rues plus tard, tout est réglé. Nous retournons sans problème à notre hôtel.

MC se trouve une nouvelle boîte de carton pour ramener son vélo dans l’avion, on déguste un bon repas Ramen dans le royaume asiatique de Richmond, et on réussit à emballer les bagages sans embûche. On se croise à présent les doigts que tout ira aussi bien avec l’avion demain matin.

Notre voyage aura finalement été une grande réussite. On a reçu nos premières gouttes de pluie aujourd’hui, mais c’était très mineur. Aucun bris mécanique excepté un flat pour moi hier et mon matelas de sol que j’ai du remplacer. Aucune blessure, ni de chute, pas de vol, rien de tout ça. On pourrait penser que ça a été plate, mais ça été dans nos meilleures vacances. Dépassement et rechargement des batteries en même temps avec de l’espace pour relaxer. Je pense que je reviens plus en forme qu’avant le départ.

MC a déjà son blues post vacances, alors que moi je suis excité de retourner sur mon vélo de carbone, avant de faire une préparation finale pour le tour de la Gaspésie. Probablement que la réalité va me frapper en pleine face avec le retour au travail. On repart ainsi avec de beaux souvenirs et plein de nouvelles envies de voyage.

Merci de nous avoir suivis dans cette aventure, ça nous a permis de garder un contact social. D’autres beaux souvenirs s’ajoutent à un album déjà bien rempli!

En terminant en chiffres, pour avoir une idée de notre trajet, il y a googlemap! J’étais rendue au maximum de destinations sur la carte, il manque donc notre virée à Salt Spring Island et le dernier bout entre Lions’Bay et Richmond, ainsi que la montée terrible de + de 500m de D+ sur 9km à Salt Spring Island.

Pour ma part, j’ai roulé environ 800km, et Samuel autour de 1100km qu’il s’est rajouté au compteur lors nos journées de repos. Ah ah! Ce ne fut pas mon plus long périple ( par les années passées j’ai réalisé plusieurs boucles de 1000km au Québec et sur de plus courtes périodes, dont le tour de la Gaspésie et celui de trois régions du Québec sur 13 jours), mais ce fut certainement ma plus belle aventure de cyclocamping! La Colombie-Britannique est une province exceptionnelle, aux paysages naturels et culturels variés!

PS: J’ai à peine défait mes bagages, je n’ai pas encore remonté mon vélo, que je suis déjà en train de dessiner mes prochains périples.

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