Un Bleuet sur son vélo à l’assaut des Pyrénées. Jour 5: Niveau extrême!

Mon chum c’est le meilleur! J’écris ces mots alors que Samuel se prépare à participer au Grand Fondo du Lac Mégantic (110km). Je les écris aussi avec beaucoup d’admiration envers le dernier défi qu’il a relevé avec brio: les Pyrénées à vélo en solitaire. Du 19 au 28 juillet 2016, Samuel a parcouru 906 kilomètres à travers ces montagnes mythiques où il a surmonté des montées vertigineuses, soit 23 376m de dénivelé positif. Voici donc son formidable récit.

(Cliquez sur ces liens pour lire le Jour 1, le Jour 2, le Jour 3 et le Jour 4)

Jour 5: Bannières-de-Luchons – Castillon-en-Couserans, 97km et 3364m D+

Voici le résumé d’une journée qui devait initialement être de niveau modéré, mais qui a finalement été plutôt extrême! Par chance que je me suis levé un peu plus tard qu’à l’habitude et avec l’impression « d’avoir des jambes »!

La journée débute bien, je suis efficace en montée et je me rends au sommet du col de Portillon sans trop de problèmes. Je ralentis devant les douaniers à la frontière espagnole. Ces derniers ne semblent pas trop comprendre ce que je veux. Je leur explique que je dois simplement traverser pour aller en Espagne. L’un des douanier me répond: « Vas, vas! » Bref, la notion de frontière est moins rigide entre la France et l’Espagne qu’entre le Québec et les États-Unis. Vive l’Union européenne!

Première erreur de trajet: continuer tout droit dans un lacet et me retrouver dans un cul-de-sac 45 minutes plus tard. J’ai ainsi roulé 45 minutes dans le mauvais sens avec une montée de 10%.  C’est plate, mais bon, rendu-là, à quoi bon se fâcher? Alors aussi bien revirer de bord et garder un bon état d’esprit.

Je m’en remets donc à Google Map et je reprends le bon chemin. Trente minutes de montée plus tard, je suis au pied d’une pancarte mentionnant que la route est aux risques et périls de l’usager. La route était déjà dangereuse et à moitié en gravier… J’ai peur de la suite. Je suis à court de victuailles et j’en ai encore pour un bout dans cette route non-recommandable. C’est à ce moment que Plastic Bertrand débarque dans ma tête : « Alors qu’est-ce que tu fais? Tu t’arrêtes où tu continues? Stop ou encore? » Dans le passé, j’aurais foncé tête baissée par orgueil pour ne pas avoir fait ce chemin pour rien. L’expérience m’a appris que ça prend du gaz à vélo aussi. Je revire de bord. Je pourrais me fâcher, mais ça ne me dit pas. Je préfère continuer ma route en me disant qu’au moins il fait beau.

Après un arrêt pour une  salade de saumon décevante, je me réjouis d’un délicieux espresso qui donne un peu de joie à mon dîner. Suite à cette pause de ravitaillement, je suis prêt pour attaquer le col de Menté. Cette montée n’est pas douce: 9% sur 9,5km. Suite aux erreurs de parcours, j’ai peur que mes jambes ne suivent plus. Coup de pédale après coup de pédale, j’atteins le sommet!  Je suis d’ailleurs surpris de maintenir un bon rythme. Mes jambes ne me lâchent pas… Merci les amies!

Il ne me reste plus que le col du portet d’Aspet pour compléter cette journée éprouvante. Ça ne paraît pas trop parce que la vue sur la forêt est jolie, mais il est vraiment casse-jambe ce col:  9,7 % de moyenne. Il y a des passages très abruptes où je dois impérativement me lever debout pour enfoncer les coups de pédale. J’ai mal, mais je survis en me disant qu’après tout, il ne me reste que 4km. Ça ne devrait pas être trop long.

Finalement, ce fut une très grosse journée de vélo. Je suis parti de la vallée de Louron, pour ensuite passer en Espagne par la Haute-Garonne et terminer à Ariège. Je suis arrivé à 18h, une heure pas si mal compte tenu des chemins parcourus aujourd’hui. Avec en prime une aubergiste qui m’accueille avec une coupe de vin et des cerises: je me sens comme le champion de la place! Ce fut d’ailleurs ma première coupe depuis le début de cette traversée: elle est certainement méritée et justifiée! Somme toute, je pensais qu’aujourd’hui serait une journée relaxe me permettant de récupérer pour la grosse journée qui m’attend demain… mais non. Enfin, demain est un autre jour, je profite donc du moment présent.

(Par ici pour lire la suite:  Jour 6Jour 7 et Jour 8.)

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