Covid-19: La nostalgie du thé thaïlandais

Par MARIE-CLAUDE PARADIS-VIGNEAULT

L’état mental de pandémie semble plonger nombre d’entre-nous dans nos souvenirs. On voit défiler sur les réseaux sociaux toutes ces images de jeunesse qui ressurgissent de nos albums à nos publications; la nostalgie et l’introspection s’installent au coeur de nos chaumières virtuelles. Réfléchir à l’après-Covid-19 est un exercice à la fois inspirant et effrayant. Jusqu’à quel point cette crise sanitaire, sociale et éventuellement économique, changera-t-elle nos vies? Je n’en ai aucune idée, et je dois avouer que la plupart des spéculations à ce sujet m’ennuie.

Bien avant l’arrivée de la Covid-19, j’étais plus que consciente de la violence des inégalités sociales et de l’urgence climatique. Nous ne sommes plus à minuit moins une, nous sommes rendus en plein milieu de la nuit! Toutefois, je dois admettre que les impacts de la crise sanitaire sur les personnes les plus vulnérables radicalise ma pensée, et je reconnais l’insuffisance des gestes que je pose depuis plusieurs années. Mon don mensuel à Amnistie Internationale et mon bacc de compost me paraissent soudainement insignifiants. La cohérence est une vertu pour laquelle j’ai un grand respect…et beaucoup d’aspiration!

Bref, pour revenir à la nostalgie, aux photos de notre jeunesse et la vie post-Covid, ce matin, alors que je buvais mon thé Umano (livré avec amour par le Marché de solidarité régionale des Amies de la Terre de l’Estrie), des souvenirs de la Thaïlande ont resurgi. En 2006, je faisais du woofing sur une ferme biologique, au coeur des montagnes du nord. L’une de mes tâches était la cueillette de feuilles de thé. Je me rappelle que la première journée avait été très frustrante: passer des heures à remplir des sacs de feuilles, les faire sécher, les chauffer, les rouler en boule, les cuire à nouveau, pour que mon gros sac durement rempli sous les piqûres d’insectes soit devenu à la fin du processus un tout petit sachet! Vous comprendrez pourquoi aujourd’hui je peux ré-utiliser la même boule de thé trois ou quatre fois.

Enfin, de mes immersions culturelles dans d’autres pays, j’ai beaucoup appris à travers des expériences physiques, psychologiques et sensorielles étrangères à mes origines culturelles. Je dois donc avouer en toute humilité, que j’arrive difficilement à faire le deuil de mes projets de voyage outre-mer pour les prochains mois, voir les prochaines années. Entre autres, parce que je sais que tous ces avions qui se promènent ne sont plus viables ni pour la planète, ni pour l’humanité.

En juin 2019, dans un article de Radio-Canada, on pouvait lire que le nombre de passagers dans le monde est en croissance constante. Entre 1999 et 2018, on est passé de 2,8 milliards à 8,2 milliards de passagers-kilomètres payants. Il faudrait donc pour vivre de manière sensée, lorsque la pandémie du coronavirus sera derrière nous, aplanir la courbe de notre consommation aérienne pour les années à venir. J’espère faire partie d’une solution décroissante. Selon un proverbe chinois il semble que la sagesse de tout l’univers se trouve dans une tasse de thé.

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