SPM Rhapsodie

Je pense que je suis SPM. Je capote. J’ai le goût de brailler ma vie. Je me trouve laide. Vieille. J’angoisse la vie. Crise existentielle. Bonjour la mi-trentaine!

Depuis quelques jours, pourtant, je philosophais sur l’abandon de la beauté, du moins, j’étais en processus de détachement, pour mieux vieillir et faire face à l’inévitable: la mort. Je croyais que je commençais à accepter sagement que depuis quelques années, je ne corresponds plus, et que je ne correspondrai plus jamais, au modèle de femme valorisée dans notre société. Je deviens une madame. Je me disais que de toute façon, je suis condamnée à vieillir, à ramollir, à rider, à perdre de la fermeté, de la souplesse-  quoique dans l’état actuel de ma split, il ne me reste plus grand chose à perdre – et de l’éclat. Pis je me disais « Laisse aller MC! Et surtout, don’t give a shit! ».

Je voyais plein davantage à ne plus être vue comme une jolie jeune femme. Je ne subis presque plus de regards indésirés, d’attouchements non-sollicités ou de petits commentaires déplacés. Ma parole semble plus écoutée, considérée, respectée. Je ne suis plus une « compétition » – au sens de Nelly Arcan – pour les autres femmes, ni un objet de désir carnivore. Ce qui me donnait donc le sentiment qu’il me devenait plus facile de rentrer en contact avec des personnes aux horizons divers, notamment des hommes de tout âge, car je ne sens plus le danger d’être une proie, un morceau de viande. 

Mais là, aujourd’hui, je me suis pesée. Puis je me suis regardée. Et je me suis boudée. Pis j’ai braillé.

S’accepter, se détacher des artifices des apparences, est un combat épuisant. J’ai beau célébrer la diversité corporelle des autres, la mienne, je la maudis. Enfin, aujourd’hui, je me hais. Hier, ça allait.  Parce qu’il y a des jours où vraiment « I don’t give a shit ». Quand je fais du vélo, quand je pars en rando, quand je suis tellement passionnée par ce que je fais et que la vie m’emporte dans un tourbillon d’émotions, de création et de connexions humaines. Quand je m’abandonne à l’amour aussi. Là, dans ces moments, mon poids, mes rides naissantes, mes bras mous ou ma culotte-de-cheval, bien je m’en fout. Dans ces moments-là, je me sens bien, je me sens sage et vraie, proche de la vérité humaine, en harmonie avec mon « core » et mon corps.

En écrivant ces lignes, je me rends compte que finalement, ce que j’aimerais, ce n’est ni être belle ou mince ou jeune, c’est juste de me sentir bien. J’imagine aussi qu’il faudrait que j’apprenne à ne pas me juger trop sévèrement quand j’ai des moments où ma confiance en moi n’est pas en phase avec mes valeurs. C’est bien correct aussi de feeler comme de la marde. Faque vive le mou!

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